Tableau de taille des arbres fruitiers : périodes et gestes

Tableau de taille des arbres fruitiers : périodes et gestes

Tableau de taille des arbres fruitiers : périodes et gestes

Ce tableau de taille des arbres fruitiers indique, espèce par espèce, à quelle période intervenir et quels gestes faire. Le choix entre taille douce et taille en vert dépend ensuite de l’âge de l’arbre, et une coupe au bon endroit, faite avec les bonnes précautions, protège autant l’arbre que celui qui taille.

Qu’est-ce que la taille douce ?

La taille douce répond à un objectif précis : de petites coupes qui respectent la forme naturelle de l’arbre fruitier, sans le brutaliser.

Quand tailler chaque arbre fruitier ?

Le bon moment dépend d’abord de la famille de l’arbre. Les fruitiers à pépins se taillent plutôt en hiver. À l’inverse, les fruitiers à noyau se taillent après la récolte, par temps sec. Les mois indiqués plus bas sont des repères : le gel, la météo et l’état de chaque arbre les décalent d’une année à l’autre.

Tableau de taille des arbres fruitiers illustré par une branche d’arbre avec des feuilles vertes et des bourgeons.

Tableau des périodes de taille par espèce

Pour la taille des arbres fruitiers, la période se choisit selon l’espèce et selon l’état des bourgeons. Le pommier et le poirier se taillent surtout de décembre à mars, hors gel, avant que les bourgeons redémarrent. Ensuite, chaque groupe d’espèces a ses propres règles :

  • Pêcher et nectarinier : après la récolte, par temps sec. Une source situe la fenêtre entre mi-avril et mi-septembre, idéalement en août après la cueillette.
  • Abricotiers : principalement après la récolte, au sec, avec le moins de coupes possible car ils supportent mal les blessures.
  • Cerisier et prunier : peu de coupes, entre mi-avril et mi-septembre. Pour le prunier, attendez environ deux semaines après la récolte.
  • Cognassier, figuier et noyer : le cognassier en fin d’hiver hors gel, le figuier en taille douce en fin d’hiver ou après récolte, le noyer très peu et au sec, au début de l’automne.

Le poirier demande en plus un temps sec.

EspècePériode principaleCondition à respecter
PommierDécembre à marsHors gel, avant le redémarrage des bourgeons
PoirierDécembre à marsHors gel, par temps sec
Pêcher, nectarinierMi-avril à mi-septembre, idéalement aoûtAprès récolte, par temps sec
AbricotierAprès récolteConditions sèches, coupes limitées
CerisierMi-avril à mi-septembreAprès récolte, peu de coupes
PrunierMi-avril à mi-septembreEnviron deux semaines après la récolte
CognassierFin d’hiverHors gel
FiguierFin d’hiver ou après récolteTaille douce
NoyerDébut de l’automne, après récoltePériode sèche, taille minimale

Adapter le calendrier aux saisons et aux bourgeons

Un mois inscrit au tableau ne vaut que s’il correspond à ce que vous voyez sur l’arbre. Selon l’INRAE, le débourrement, la floraison et la maturité de plusieurs fruitiers ont avancé de plusieurs semaines par rapport aux normales d’autrefois. En pratique, regardez le stade des bourgeons avant de sortir le sécateur : c’est lui qui fixe la date, pas le calendrier.

Les repères changent aussi d’une région à l’autre. Un calendrier établi pour un jardin comestible breton place la taille de fructification des pommiers, poiriers et cognassiers en janvier–février. Il prévoit d’aérer les pêchers et abricotiers en mars–avril, puis de les tailler en vert avec les pruniers en juillet–août. En Seine-et-Marne, ces dates sont à décaler selon les gelées et la chaleur de chaque saison.

Quand faut-il différer la taille ?

Certaines conditions imposent d’attendre : le gel, les fortes chaleurs, ou une période froide et humide qui s’annonce juste après une grosse coupe. Chez plusieurs fruitiers à noyau, les plaies faites en hiver cicatrisent mal et peuvent favoriser la gommose, une maladie qui fait suinter une résine collante de l’écorce. Gardez donc les coupes importantes pour une fenêtre sèche.

Les oiseaux comptent aussi. Duhamel Paysagiste recommande de ne pas tailler au printemps, quand les oiseaux se reproduisent, et de vérifier qu’aucun nid n’est occupé avant toute coupe non urgente. L’Office français de la biodiversité conseille d’éviter la taille des arbres du 16 mars au 15 août. Ce n’est pas une interdiction nationale pour tous les fruitiers des jardins privés.

Quelle taille pratiquer selon l’âge de l’arbre ?

Un jeune arbre, un fruitier adulte et un sujet abandonné n’ont pas besoin du même travail. Les premières années, vous construisez la forme. Ensuite, vous entretenez la production. Sur un vieil arbre, il s’agit de restaurer sans brutaliser. Dans les trois cas, le choix entre taille douce et taille en vert règle l’intensité des coupes.

Un arbre fruitier jeune est élagué, attaché après sa coupe à une grue ou une corde, avec une équipe au sol.

Taille douce et taille en vert

La taille douce répond à un objectif précis, avec de petites coupes qui respectent la forme naturelle de l’arbre. Une source conseille de ne pas retirer plus d’un tiers des branches en une seule fois. Au-delà, l’arbre s’affaiblit et sa croissance s’emballe en pousses inutiles.

En complément, la taille en vert se fait pendant la végétation : elle agit sur les jeunes pousses et sur la lumière qui entre dans la ramure. Selon l’INRAE, elle peut maîtriser certains excès de vigueur. Elle ne remplace pas pour autant la taille de structure. Sur un pommier ou un poirier palissé, pincer les pousses vigoureuses en juin–juillet complète bien le travail fait en hiver.

Sur les fruitiers à noyau, la taille d’éclaircissement faite après récolte, en été, retire les rameaux inutiles ou trop nombreux. Elle doit rester modérée, car de grosses coupes en pleine chaleur aggravent le manque d’eau de l’arbre. Une étude de 2014 sur le pêcher montre d’ailleurs que les effets de la taille estivale changent selon le moment choisi et les conditions de culture.

Former puis entretenir la charpente

De la plantation jusqu’à environ trois ans, la taille de formation choisit les branches principales, celles qui forment la charpente. Elle retire aussi les branches qui leur font concurrence et le bois cassé. Ne cherchez pas une grosse récolte dès la première année : une structure solide rapportera davantage par la suite.

Une fois l’arbre bien installé, en général après trois à cinq ans selon sa vigueur et sa forme, la taille d’entretien prend le relais. Elle garde le bois qui porte les fruits et fait entrer la lumière. Elle facilite aussi la cueillette. Duhamel Paysagiste prend en charge le soin des fruitiers dans son service d’entretien de jardin, en intervention ponctuelle ou régulière.

Restaurer un fruitier âgé sans le rabattre

Un arbre âgé ou laissé à l’abandon se restaure sur plusieurs saisons. Commencez par le bois mort, les branches dangereuses et les gros défauts de structure. Tout couper d’un coup provoque des rejets vigoureux et fait perdre le bois qui porte les fruits.

Pour baisser un fruitier devenu trop haut, la différence se joue sur l’endroit de la coupe : on raccourcit au-dessus d’une branche latérale bien placée, qui reprend la croissance, plutôt qu’au milieu d’une grosse branche. Duhamel Paysagiste examine d’abord l’arbre, puis choisit entre une taille douce, une taille de formation ou une mise en sécurité.

Vos fruitiers taillés dans le respect

Jeune arbre à former ou vieux fruitier à restaurer : nos élagueurs-grimpeurs formés pratiquent la taille douce avec un matériel adapté.

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Duhamel Paysagiste

Quels gestes de taille pour chaque espèce ?

Une fois la période fixée, le geste dépend de l’endroit où l’espèce produit ses fruits. Les arbres fruitiers à pépins fructifient sur du bois court et âgé. Les arbres à noyaux, eux, fructifient surtout sur du bois jeune. Avant de couper, il faut donc savoir reconnaître ce qui portera la prochaine récolte.

Reconnaître les bourgeons et le bois à fruits

Un bourgeon à fruit est en général rond et bombé. Le bourgeon à bois, lui, est plus fin et pointu. Leur aspect change toutefois selon l’espèce : prenez le temps de les comparer sur l’arbre avant de raccourcir un rameau.

Chez le pommier et le poirier, une bonne part de la production de fruits se forme sur des organes courts et assez âgés, les coursonnes ou lambourdes. Conservez-les, car les supprimer revient à retirer la récolte des années suivantes.

Le cas des fruitiers à noyau est différent. Chez le pêcher et le nectarinier, la récolte dépend surtout des rameaux formés l’année précédente. Chez le cerisier, elle repose sur les bouquets de mai, de petites brindilles couvertes de boutons, et sur de courts rameaux qui portent les fruits.

Renouveler les rameaux du pêcher

Sur un pêcher adulte, Duhamel Paysagiste remplace peu à peu le bois qui a déjà donné des fruits par de jeunes pousses bien placées. Après la récolte, coupez la branche qui a fructifié juste au-dessus du deuxième rameau en partant de sa base. Pour une forme dégagée, gardez trois à cinq branches charpentières. Retirez aussi le bois mort et les branches qui poussent vers le cœur de l’arbre.

Reste à reconnaître chaque type de rameau. Les rameaux mixtes, qui portent à la fois des fleurs et des feuilles, se gardent intacts. Les gourmands, qui ne donnent aucun fruit, se taillent après le quatrième œil. Quand les boutons gonflent et laissent voir le rose des pétales, le bois à fruits se repère facilement, comme le détaille le guide pour tailler un pêcher.

Adapter les gestes aux autres fruitiers

Sur un pommier ou un poirier adulte, éclaircissez les zones encombrées et renouvelez peu à peu les rameaux à fruits, sans supprimer les coursonnes au hasard. Une taille trop forte fait partir des pousses verticales vigoureuses. L’abricotier, le cerisier et le prunier demandent une charpente équilibrée, des éclaircissages modérés, pas de grosses plaies ni de rabattage sévère. Sur le figuier, les figues-fleurs poussent sur le bois de l’année précédente et les figues d’automne sur celui de l’année, selon la variété : évitez donc de couper toutes les extrémités. Le cognassier se contente souvent d’un éclaircissage de temps en temps, et le noyer d’une taille minimale.

Comment couper au bon endroit et en sécurité ?

Pour tailler les arbres fruitiers correctement, l’endroit de la coupe compte autant que la date. Une coupe bien placée se referme mieux. À l’inverse, une coupe mal placée affaiblit la branche pour des années. Les outils choisis et l’organisation du chantier jouent aussi sur la sécurité de celui qui taille.

Observer et ordonner les coupes

Avant la première coupe, tournez autour de l’arbre pour juger de sa forme, de sa vigueur et des zones trop denses. Les coupes s’enchaînent ensuite dans cet ordre :

  • Bois mort, malade ou cassé : retirez d’abord les branches mortes et abîmées.
  • Branches croisées : quand deux branches se frottent, gardez celle qui est la mieux orientée.
  • Branches mal orientées : corrigez celles qui partent vers l’intérieur ou encombrent la couronne.
  • Rameaux à raccourcir : coupez juste au-dessus d’un bourgeon tourné dans la direction voulue, sans l’abîmer ni laisser de long chicot.

Une coupe légèrement en biseau laisse l’eau de pluie s’écouler au lieu de stagner sur la plaie. Sur le terrain, évitez d’étêter un fruitier ou de couper toutes ses branches à la même hauteur : l’arbre perd sa forme et repart en pousses désordonnées.

Respecter le collet des branches

Pour retirer une branche entière, coupez juste à l’extérieur du collet, le petit renflement à sa base, sans entamer le tronc ni laisser de chicot. Sur une branche lourde, procédez en trois temps : une entaille par-dessous, une coupe de décharge un peu plus loin, puis la coupe finale au collet. L’écorce ne risque plus de s’arracher sous le poids.

Un arbre ne cicatrise pas comme une peau. Il isole les tissus blessés et forme peu à peu du bois autour de la plaie. Le mastic ne rattrape donc ni une coupe mal placée ni une taille faite au mauvais moment.

Choisir les outils et sécuriser le chantier

Un sécateur bien affûté coupe les rameaux jusqu’à environ 2 cm de diamètre. Un ébrancheur va jusqu’à environ 5 cm, et au-delà la scie d’élagage prend le relais. Après usage, nettoyez la sève et les résidus. Si vous soupçonnez une maladie contagieuse, désinfectez vos outils avant de passer à l’arbre suivant.

Portez des gants, des lunettes et des chaussures stables. Gardez la zone de chute libre et ne travaillez jamais près d’une ligne électrique. Les branches hautes, lourdes ou au-dessus d’un bâtiment relèvent du service d’élagage en taille douce, précédé d’un examen de l’arbre. L’article 673 du Code civil permet au voisin d’exiger la coupe des branches qui dépassent chez lui, sans l’autoriser à les couper lui-même. Les déchets se broient, se compostent ou partent en collecte autorisée, car le brûlage est en principe interdit aux particuliers.

Attention

Tailler soi-même un grand fruitier

Grimper ou couper de grosses branches sans formation ni matériel adapté expose à de graves chutes. Pour les arbres hauts, faites appel à des élagueurs-grimpeurs formés.

Foire aux questions

Faut-il obligatoirement tailler un arbre fruitier chaque année ?

Non. Un fruitier qui n’est pas taillé peut tout de même donner des fruits. Évitez les coupes inutiles sur un arbre qui vient d’être planté, sauf s’il est déformé, sur les abricotiers sensibles aux blessures et sur les vieilles variétés peu vigoureuses. Un cognassier bien formé n’a pas toujours besoin d’une taille chaque année.

Quelles erreurs de taille peuvent réduire la récolte d’un fruitier ?

Une coupe trop courte ou mal placée fragilise la branche. Supprimer les bourgeons ou le bois de l’année sans les distinguer peut réduire la récolte suivante. Couper toutes les branches verticales retire des pousses utiles pour renouveler la charpente. Enfin, une taille trop forte enlève des feuilles et des réserves, et l’arbre réagit par une pousse excessive.

Faut-il tailler un fruitier en fort dépérissement ?

Une restauration lourde n’est pas toujours justifiée sur un arbre qui dépérit fortement. Cherchez d’abord la cause : sécheresse, maladie, racines ou sol. Un dépérissement important, une cavité ou une fourche douteuse justifient de faire évaluer l’arbre avant toute coupe.